L’esprit absorbant de l’enfant-Maria Montessori

Texte de 240 pages datant de 1959

Maria Montessori part du constat suivant: Si l’on veut arriver à une reconstruction du monde et à une société pacifique, c’est le développement du potentiel humain qui doit être le but de l’éducation, et donc la place de l’enfant qui doit être reconsidérée.

Elle pense que l’éducation est un moyen d’élever l’humanité et qu’elle a une force rénovatrice et constructive alors qu’elle n’est souvent réduite qu’à l’éducation de l’esprit. « Le monde de l’éducation est une espèce d’île où les individus, déracinés du monde, se préparent à la vie en y restant étrangers »

L’éducation est un processus naturel qui se développe spontanément chez l’être humain , et qui ne s’acquiert pas en écoutant les mots du maître ce n’est pas ce qu’apporte le maître, mais par la vertu d’expériences effectuées dans le milieu.

Qu’est-ce que l’esprit absorbant?

Le petit enfant a une forme d’esprit capable d’absorber la connaissance via tous les stimuli qu’il reçoit. Le petit ouvre les bras et il absorbe jusqu’à faire siennes les habitudes du monde où il vit. Comme le papillon qui ressemble à la branche sur laquelle il se pose, l’enfant va ressembler à son milieu grâce aux impressions profondes qu’il reçoit. Ses sens sont des points de contact avec le milieu . Dès ses premiers jours, le nouveau-né a des comportements instinctifs, c’est le « réveil de la nébuleuse » , son comportement s’adapte au milieu, au temps, au lieu et à la mentalité locale grâce à sa mémoire vitale inconsciente appelée aussi « Mneme » .

Maria Montessori imagine un espace aménagé pour accueillir les enfants de 3 à 6 ans dans lequel la culture peut être assimilée. L’enfant peut ainsi faire sien son milieu, observer puis absorber sans fatigue grâce à sa puissante sensibilité. Les choses qui l’entourent éveillent en lui de l’enthousiasme et pénètrent sa vie. C’est un « conquérant du monde », doué d’un élan et d’une force vitale, il va ainsi conquérir le langage, la marche…et va changer! Les changements sont le produit d’échanges de l’organisme et de son milieu. Lorsque l’on prend soin du milieu, l’absorption est facilitée. Si l’enfant est tenu éloigné de la possibilité de ces expériences au moment où la nature les lui destine, la sensibilité spéciale qui les stimule s’évanouira.

Le langage

Il est la base même de la vie sociale, il est fait du souffle et d’une série de sons mis ensemble. Comme un accord passé entre les hommes, il permet de penser en commun. Il se développe par bonds, « il commence à agir dans la profonde obscurité de l’inconscient, s’y développe, se fixe puis se révèle à la lumière ». Quand il né, toutes ses fibres se mettent à vibrer.

Le mouvement

C’est ce qui distingue la vie des choses inanimées. Il met l’homme en relation avec le monde et collabore avec l’intelligence car il favorise le développement psychique qui s’exprime à son tour par le mouvement et l’action. Malheureusement pour lui, il est souvent réduit à l’activité physique et séparé du mental.

Les mouvements de l’enfant sont dictés et guidés par sa vie psychique. L’activité motrice et psychique s’entraînent l’une- l’autre et l’enfant est l’auteur de son propre perfectionnement. L’enfant nous indique ses lois et ses besoins par ses manifestations spontanées et ses progrès, par sa paix et sa félicité, par l’intensité de ses efforts et la constance de son libre choix.

L’intelligence et la main

Le développement de l’habileté manuelle est lié au développement de l’intelligence et de la civilisation. L’esprit de l’enfant a besoin pour s’élever d’utiliser ses mains. Petit explorateur il est guidé par ce qui l’attire et veut saisir. L’homme est fait pour se déplacer et porter des objets et la plupart des changements dans son milieu sont dus à sa main.

Le rôle de l’adulte

 » Nous pensons qu’il ne peut pas marcher, et nous le portons dans nos bras, qu’il ne peut pas travailler et nous travaillons pour lui, si bien qu’au seuil de sa vie, nous lui donnons un complexe d’infériorité ». Quand l’adulte ne dicte pas continuellement la conduite à suivre, l’enfant fait preuve de concentration, de détermination et de persévérance. La nature a prévu pour lui un plan délimité pour tous les âges et l’enfant suit instinctivement ce processus. Il a la possibilité de s’instruire de lui-même car il existe tout au fond de lui une force psychique qui l’inspire. A trois ans, il est déjà un homme via ses conquêtes.

Comme les insectes vont vers certaines fleurs, l’enfant va spontanément vers le matériel dont il a besoin. L’adulte peut apprendre de lui en observant son instinct créateur. Grace au matériel auto-correctif, l’enfant peut se corriger lui-même. La maîtresse par sa chaleur, son sourire et ses soins vivifie et apporte une chaleur. Elle n’enseigne pas, elle ne corrige pas et ne décerne pas de prix, de bons points ou de sucreries.

L’homme révèle sa nature dans le libre développement, et le maître ne peut faire qu’aider l’oeuvre déjà accomplie.

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