Etre et devenir- Et si nous faisions le choix de ne pas scolariser nos enfants- Un documentaire de Clara Bellar

Film sorti en salle le 28 mai 2014

J’ai plutôt l’habitude d’extraire la substantifique moelle des bouquins que je lis, mais j’ai eu envie de vous partager l’essence de ce documentaire. Il a été gracieusement mis en ligne le week-end du 5 avril et j’en ai donc profité!

Sur la réalisatrice: Clara Bellar est actrice, réalisatrice et chanteuse. Elle est née à Paris en 1972 et vit aux États-Unis. A la naissance de son fils, elle se pose des questions sur le fait de scolariser son enfant lorsqu’il sera plus grand. Elle se documente sur les différentes pédagogies alternatives comme Reggio ou Steiner mais pense qu’une autre façon d’éduquer est possible. Elle parcourt donc plusieurs pays (Etats-Unis, Angleterre, France et Allemagne) pour rencontrer des familles, des professeurs, et des dirigeants d’université et comprendre leur choix de ne pas avoir mis leurs enfants à l’école.

Sur le docu: Le documentaire vient mettre le doigt sur les doutes et les croyances qui nous guident sans le vouloir vers l’école:

  • la peur que notre enfant n’ait pas de vie sociale
  • qu’il n’ait pas les compétences scolaires de base
  • qu’il lui manque quelque chose
  • la peur de ne pas être à la hauteur en tant que parent
  • que l’absence d’école entrave son chemin pour d’éventuelles études supérieures
  • que ce soit un choix irresponsable pour son enfant
  • la peur de l’enfant roi, en dehors du système, marginalisé
  • la crainte d’aller à contre sens de la loi
  • la crainte de rester tout le temps à la maison et de ne plus avoir de temps pour soi

Le docu vient nous déranger autour de ces question vitales: que voulons-nous réellement pour nos enfants? Qu’ils soient compétents ou qu’ils soient heureux? Qu’est-ce que réussir dans la vie? L’école lui permet-il d’être pleinement lui-même, de se révéler? A qui donne-t-on le meilleur de nous si on ne le donne pas à nos enfants?

Tout au long du documentaire on rencontre des familles qui ont fait ce chemin et tenté la voie de la déscolarisation. Tandis que certains parents proposent l’instruction en famille, c’est à dire qu’ils proposent tout ou en partie le programme de l’éducation nationale à la maison, ceux du reportage tentent le pari du « unschooling » c’est à dire qu’ils ne suggèrent pas ou n’imposent pas de contenus pédagogiques, et qu’ils n’ont pas d’attentes de résultats. Les enfants apprennent donc de manière informelle sans même qu’on sache parfois comment.

Ainsi on rencontre des enfants et des adolescents qui s’instruisent eux- même, pris dans un élan vital impressionnant. Leurs apprentissages sont entre leurs mains. On s’aperçoit à quel point ils semblent libres, créatifs et concentrés. Ainsi ils n’attendent pas leur 18 ans pour réfléchir à leurs choix d’avenir et à leurs goûts. Leur cerveau acquiert les différentes notions dès qu’ils sont prêts et qu’ils en éprouvent le besoin pour aller plus loin dans les domaines qui les fascinent. Ils apprennent alors extrêmement rapidement et leurs âmes d’artistes se révèlent. Parce q’u’ils ont le droit de prendre des initiatives, et d’explorer le concret avant l’abstrait, ils trouvent leur chemin personnel, dicté uniquement par eux. Ils ont la chance d’être libres de devenir « eux-mêmes » et d’avoir du temps pour assouvir leur soif.

On rencontre aussi des parents qui prennent le temps de voir grandir leurs enfants et d’observer leurs centres d’intérêts en étant cohérents. Cela implique donc une organisation familiale adaptée, où l’un des parents ne travaille pas ou bien les deux parents alternent travail et vie de famille pour être en adéquation avec leurs valeurs. Ce n’est donc pas réservé aux riches! Cette phrase revient comme un leitmotiv dans la bouche des parents: « fais confiance et attend ». Ces parents ont donc lâcher prise avec les notions de « réussite », »d’échec », et de « retard ».

Au fil du reportage on se sent donc rassuré sur le fait que ces enfants malgré une énorme liberté ne grandissent pas dans un chaos sans règles. L’apprentissage est un phénomène intrasèque de la vie et suit le développement naturel de l’enfant. Nos enfants ont appris à marcher et parler naturellement alors que l’école ne leur permet pas d’apprendre une deuxième langue correctement. Notre univers est ultra lettré donc l’apprentissage de la lecture coule de source. Nous n’avons pas besoin de tout comprendre et tout contrôler. Nous avons besoin d’être rassurés et de changer notre idée du succès (diplôme, salaires, possession, accumulation) pour favoriser le bien-être, le bonheur, et l’équilibre de tous les membres de la famille.

Et si tout se jouait avec ces trois ingrédients : amour, confiance et liberté mais que nous étions juste limités par nos peurs?

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